Le Private Equity: Opportunité pour une nouvelle forme d’entrepreneuriat en Mauritanie?

L’entreprenariat mauritanien actuel est caractérisé par la faiblesse des investissements étrangers et la grande concentration autour du capital. Le promoteur doit détenir tous ou plusieurs de ces facteurs : porter l’idée du projet, apporter les capitaux, détenir l’expertise nécessaire, mobiliser le financement complémentaire et assurer le management du projet. Les conséquences de ce modèle entrepreneurial sont multiples. Il induit une faible optimisation des différents segments du cycle du projet car il accorde une trop grande place au détendeur du capital. Le modèle actuel ne favorise pas l’imagination et la créativité et rend le système bancaire réticent à accompagner. Il n’encourage pas également les partenariats avec des investisseurs étrangers. Le secteur privé mauritanien est, en conséquence, en attente d’un nouveau souffle.

 

Le private Equity en Mauritanie, est-ce adapté?

Il l’est, même en l’absence d’un système boursier national. Il a plusieurs avantages parmi lesquels sa conformité aux principes de la finance islamique et offre une nouvelle opportunité d’emploi de l’épar<agne dormante (locale, expatriée, étrangère). Il améliore le statut de la Mauritanie comme destination des investissements directs étrangers, valorise et récompense les compétences individuelles et collectives « nationales ». En gros, il encourage l’initiative privée. Un seul espoir : une réponse moderne à l’engourdissement de plusieurs secteurs de l’économie nationale.

 

Un nouveau modèle entrepreneurial fondé sur le Private Equity serait en quête permanente de qualité. Parce qu’il permet une dissociation entre les fonctions de promoteur du projet, de pourvoyeur(s) de capitaux, de pourvoyeur(s) de dette, de gestionnaires, d’évaluation et de contrôle du projet. Les capitaux et la dette seront octroyés sur la base aussi bien de la qualité du projet et celle de l’équipe de management. Chacune des parties (promoteur, investisseurs et financiers) fera nécessairement appel aux conseils d’experts de qualité. Une telle mutation est réalisable. D’autres pays africains font un bon usage de ces opportunités de booster leur secteur privé et de créer des richesses et des emplois.

 

La Mauritanie présente des opportunités d’investissement dans plusieurs secteurs et à des niveaux variés de capitalisations. Selon Lionel Zinsou, président de PAI Partners, « le private equity répond à deux choses qui manquent sur le continent : le capital et le professionnalisme ».

Quelques mesures préalables doivent cependant  être prises en compte. Il s’agira de sensibiliser les acteurs potentiels (état, patronat, associations professionnelle) en vue de mettre en place un cadre réglementaire adéquat qui permettra de :

 

  • Rassurer les investisseurs (droit de regard)
  • Exiger la transparence dans la gestion de ces entreprises privées
  • Promouvoir la création de fonds d’investissements privés
  • Elaboration de politiques de développement sectoriels prenant en compte ces nouvelles opportunités
  • Développement de nouveaux métiers (courtage) et renforcement de ceux existant (audit, études techniques et financières, conseil juridique et fiscal, etc…).
  • Encadrer l’exercice de certains métiers
  • Faire connaître les opportunités du pays aux grands fonds d’investissements internationaux

Il reste beaucoup à faire concernant l’environnement des affaires pour s’assurer que tous les pays d’Afrique attirent de l’investissement dans tous les secteurs selon la FMI.